Perceptions vivantes

4eme festival Art & Technologie

du 3 avril au 9 juin 2001
Espace Jean Legendre (Compiègne)



IVe festival Art et Technologie à l’Espace Jean Legendre

Eric Rouchaud : “La création artistique utilise les nouvelles technologies”

Le IVe festival Art & Technologie se tient du 3 avril au 9 juin à l’Espace Jean Legendre. Théâtre avec Orgia de Pasolini, exposition avec Perceptions vivantes et séminaire Scènes vivantes marquent cette manifestation qui, selon Eric Rouchaud, directeur de l’Espace Jean Legendre, s’adresse tout particulièrement aux étudiants et aux enseignants-chercheurs de l’UTC.

“Le festival Art & Technologie a été créé en 1998 pour essayer de mettre en lumière la relation existant entre l’art et la technologie, explique Eric Rouchaud, directeur de l’Espace Jean Legendre. C’est une manifestation qui s’adresse tout particulièrement aux étudiants et aux enseignants-chercheurs de l’UTC.” “Dans l’idée première que l’on se fait, l’art et la technologie, dit-il, sont deux mondes qui s'ignorent, qui ne se connaissent pas. Les gens de technologie ne vont pas vers la culture et les gens de culture ne vont pas vers la technologie. C’est une idée fausse. Notre festival Art & Technologie montre que la création artistique utilise toutes les nouvelles technologies pour créer de nouveaux espaces imaginaires. Cela est vrai dans le domaine du théâtre avec la représentation d’Orgia de Pasolini qui résulte d’une collaboration entre l’équipe artistique de Jean Lambert-Wild et les étudiants et enseignants de l’université de technologie de Belfort-Montbéliard. Il sera notamment question de cette collaboration à l’occasion du séminaire Scènes vivantes au cours duquel sera aussi évoqué le projet de scénographie urbaine du département GSU de l’UTC et de l’Espace Jean Legendre, une exposition-parcours à l’échelle de la ville de Compiègne en 2002.”

Le programme

Orgia de Pier Paolo Pasolini, mise en scène de Jean Lambert-Wild. Mardi 3 et mercredi 4 avril à 20 heures 45. “Orgia est un chant mythologique, note le metteur en scène sur le site Internet http://www.theatre-granit.asso.fr Le système Daedalus (lire encadré ci-dessous) est une danse du vivant mythologique. Le point commun de ces deux mythologies est l’effort fait par le vivant pour communiquer en surmontant ses incapacités et en vain quant à la malédiction de sa solitude.” Grâce au système Daedalus, logiciel comportementaliste, et à l’utilisation d’un moteur d’animation 3D en temps réel, l’intention scénique qui confronte un acteur à une forme holographique réagissant au texte et aux comportements du comédien, est rendue possible. La rencontre du théâtre et de la technologie en quelque sorte. Séminaire Scènes vivantes mer- credi 4 et jeudi 5 avril. Mercredi, de 9 heures 30 à midi et de 14 heures à 18 heures, Scénographie et Technologie. Jeudi, de 14 heures à 17 heures 30, Créations artistiques et technologiques, des artistes et des universités collaborent (avec des enseignants- chercheurs de l’UTBM et du département GSU de l’UTC). A 19 heures, conférence Pratiques artistiques et nouvelles technologies : enjeux et perspectives par Eric Sadin, écrivain, théoricien des enjeux des relations entre arts, langage et nouvelles technologies, et rédacteur en chef de la revue éc/arts. Exposition Perceptions vivantes du 3 avril au 9 juin. Avec les installations interactives de Christa Sommerer et Laurent Mignonneau (Life Spacies II) et de Catherine Nyeki (Micro Univers) ; l’installation en ligne de Bertrand Gortais, Guillaume Hutzler et Yan Orlarey (Le jardin des hasards) ; l’installation vidéo de d’Anne-Sarah Lemeur (Etre-en-tr...) ; les projections vidéo d’artiste de Christiane Geoffroy (Geo-biologie) et de Xavier Moehr (Exons) ; les tirages numériques de Karl S. Chu (Y Phylum) ; la borne vidéo de Raphaël Lazano Hemmer (Vectorial Elevation).

Le système Daedalus conçu par le Génie informatique de l’UTBM

Le système Daedalus, logiciel mis au point par le département de Génie informatique de l’UTBM (université de technologie de Belfort-Montbéliard), permet de créer des organismes artificiels conçus à partir d’algorithmes inspirés des organismes primitifs vivant au fond des océans. “Nous les avons nommés des Posydones, explique Jean Lambert-Wild, metteur en scène. Ils sont divisés en deux espèces dotées de comportements spécifiques: les Apharias et les Hyssards.” “Par ailleurs, ajoute-t-il, les comédiens sont équipés de capteurs qui enregistrent leurs niveaux de stress et d’émotion révélés par le rythme cardiaque, l’amplitude respiratoire, la conductivité de la peau, la variation de la température. Par l’intermédiaire de ces capteurs et du système informatique, les émotions engendrées par les comédiens exercent une influence sur le comportement des Posydones. Grâce à une illusion d’optique, la catoptrique, utilisant un miroir de la dimension de la scène, les Posydones, perçus en trois dimensions, paraissent évoluer dans le même espace que les comédiens et réagissent en temps réel à ce qui est en train de se jouer.”